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Conditions de travail

Téléconsultation en pratique libérale : règles et tarifs 2026

29 avril 2026·5 min de lecture

La téléconsultation est devenue un outil banalisé en pratique libérale française : 15 % des consultations médicales en 2025 selon l'Assurance Maladie. Pour un MG, c'est un complément de revenu et un outil d'organisation : consulter à distance les patients connus, gérer les renouvellements, désengorger les RDV physiques. Voici le cadre 2026.

Chiffres clés
  • Téléconsultation remboursée 100 % depuis 2018
  • Tarif identique au présentiel (26,50 € MG)
  • Doctolib : 79 €/mois, le plus répandu
  • Sweet spot : 15–20 % de l'activité

Le cadre conventionnel

La téléconsultation est remboursée à 100 % par l'Assurance Maladie depuis 2018 quand elle respecte trois conditions : connaissance préalable du patient (pas de premier contact), parcours de soins coordonné (médecin traitant ou orientation), territorialité (médecin proche).

La règle territorialité : le téléconsultant doit exercer dans la même région que le patient, ou être son médecin traitant déclaré, ou avoir été en contact physique dans les 12 mois précédents.

Tarif : identique à une consultation présentielle (26,50 € pour un MG en secteur 1 depuis 2024). Pas de majoration ni minoration.

Les plateformes principales

Doctolib Téléconsultation : intégrée à l'agenda Doctolib. Frais : 79 €/mois en abonnement standard MG + 1 % de commission. Très répandu, simple à utiliser.

Qare : ~99 €/mois forfait, avec interface dédiée téléconsultation. Plutôt pour les médecins qui font une part significative en téléconsultation.

Maiia Téléconsultation (groupe Cegedim) : ~85 €/mois, intégrée aux logiciels métier Cegedim (HelloDoc, MédiStory). Pratique si vous avez déjà un de ces logiciels.

Plateformes spécialisées spécialités : Hellocare, Livi (téléconsultation immédiate hors médecin traitant, mais cadre dérogatoire), Maiia Médecin de garde.

Limites et bonnes pratiques

Examen physique impossible : la téléconsultation ne peut remplacer un examen clinique pour les pathologies aiguës (douleurs abdo, dyspnée, palpations). À utiliser quand l'anamnèse seule suffit.

Cas idéaux : renouvellement d'ordonnance pour pathologie chronique stable, suivi post-consultation présentielle, conseil patient sur résultat d'examen, dermatologie de surface visible.

Cas à éviter : premier contact, pathologies infantiles, urgences, consultations psychiatriques complexes (sauf cadre spécifique).

Risque médico-légal : tout sentiment d'examen physique nécessaire = ré-orienter vers présentiel. Documentez la décision dans le dossier.

Combien de téléconsultations par jour ?

En complément à l'activité présentielle : 3–6 téléconsultations/jour, généralement en début ou fin de journée pour traiter les renouvellements. Représente ~80 € de CA quotidien supplémentaire.

En activité 100 % téléconsultation (rare en libéral classique mais utilisé via plateformes) : jusqu'à 30 téléconsultations/jour à 26,50 € soit ~800 € CA brut. Moins rentable qu'on pense après plateforme et charges.

Le sweet spot : 15–20 % de l'activité hebdomadaire en téléconsultation pour optimiser planning et capacité d'accueil.

Questions fréquentes

Peut-on téléconsulter un patient hors région ?

Pas en règle générale (territorialité). Exception : si vous êtes médecin traitant déclaré du patient, ou que vous l'avez vu en présentiel dans les 12 derniers mois. Sinon, la consultation reste possible mais le remboursement Sécu n'est pas garanti.

Faut-il une caméra pro ?

Non, une webcam standard ou un smartphone suffit. Les plateformes intègrent leur propre solution vidéo. La qualité audio est plus importante que la vidéo (l'anamnèse étant la base de la décision).

Les arrêts de travail sont-ils possibles en téléconsultation ?

Oui, depuis 2020, mais limités à 3 jours pour un premier arrêt sans présentiel. Au-delà, présentiel obligatoire pour valider la prolongation. Cette règle vise à éviter les abus de téléconsultation pour ITT longues.

Métiers concernés