Salaire d'un médecin généraliste libéral en 2026
Le revenu net moyen d'un médecin généraliste libéral installé en France atteint aujourd'hui environ 95 000 € par an, soit ~7 900 € net mensuel après charges et impôt sur le revenu. Mais ce chiffre cache d'énormes variations : un MG en zone sous-dotée avec patientèle en CPTS dépasse facilement 130 000 €/an, tandis qu'un installation en secteur 1 dans une grande métropole peine à atteindre 80 000 €. Ce guide démêle les chiffres.
- BNC moyen MG installé : 95 000 €/an (médiane 85 000)
- Net après charges et IR : 55 000–60 000 €/an pour un BNC moyen
- ZIP + CPTS : peut ajouter 30–40 % au revenu net
- Cotisations + IR : ~38 % du BNC
Le BNC moyen et ce qu'il cache
Le bénéfice non commercial (BNC) moyen d'un MG installé est d'environ 95 000 € en 2024 d'après la CARMF, mais la médiane est plus parlante : 85 000 €. La moyenne est tirée vers le haut par 15–20 % de médecins à très haut volume d'actes.
Le BNC correspond aux honoraires perçus moins les charges déductibles (loyer cabinet, secrétariat, URSSAF, CARMF, assurances). Il sert d'assiette à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales personnelles.
Sur ce BNC moyen, l'IR + les cotisations CARMF + CSG-CRDS représentent environ 35–40 %, soit un revenu net disponible de 55 000 à 60 000 € pour un BNC de 95 000 €.
Secteur 1 vs secteur 2
En secteur 1 (consultation à 26,50 € depuis 2024), le MG est conventionné sans dépassement. Volume moyen : 4 800 à 5 500 actes/an, soit un CA brut de 130 000 à 150 000 €. C'est le mode majoritaire (95 % des MG).
En secteur 2 (dépassements autorisés), le médecin facture 30 à 60 € la consultation. Mais l'accès au secteur 2 est très restreint pour les nouveaux MG depuis 1990 — réservé aux anciens chefs de clinique. Quelques signataires de l'OPTAM peuvent moduler avec des plafonds.
Concrètement, un secteur 2 actif gagne 20–30 % de plus qu'un secteur 1 équivalent. Mais ce différentiel ne compense plus la charge de travail si la patientèle est captive d'une mutuelle qui rembourse moyennement.
Zones sous-dotées : les aides s'empilent
Dans les ZIP (zones d'intervention prioritaire), un MG nouvellement installé bénéficie du Contrat d'aide à l'installation des médecins (CAIM) : jusqu'à 50 000 € sur 5 ans + exonération de cotisations sociales pendant 3 ans + majoration du tarif consultation.
Avec la majoration ZIP de 25 % sur les actes, un MG peut atteindre un BNC de 130 000–160 000 € avec un volume similaire à un MG urbain, et garder cet avantage tant que la zone est classée ZIP.
Les CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) ajoutent une rémunération forfaitaire pour les MG signataires (4 000 à 12 000 € selon les missions), qui s'additionne au BNC.
Exemple chiffré : MG en CPTS, ZIP, 5 ans d'installation
CA brut annuel : 165 000 € (5 200 actes × 27 € + majoration ZIP + visites à domicile). Aides CAIM résiduelles : 8 000 €. Forfait CPTS : 9 000 €. Total entrants : 182 000 €.
Charges déductibles : loyer + secrétariat + URSSAF + CARMF + assurances + véhicule + formation = ~56 000 € soit 31 % du CA. BNC : ~126 000 €.
IR + cotisations sociales personnelles (~38 %) : ~48 000 €. Revenu net disponible : 78 000 € soit 6 500 € net mensuel — au-dessus de la médiane nationale, dans une zone à coût de vie modéré.
Questions fréquentes
Quelle différence entre honoraires et BNC ?
Les honoraires correspondent au CA brut (somme des actes facturés). Le BNC est ce qui reste après les charges déductibles : loyer cabinet, secrétariat, URSSAF, CARMF, assurances RC pro, véhicule, formation. Le BNC est l'assiette de l'IR et des cotisations sociales personnelles.
L'installation en libéral est-elle rentable la première année ?
Souvent non. La première année, on facture peu (patientèle à constituer), on paie le matériel et les frais d'installation, et les cotisations CARMF appelées sont basées sur le revenu de l'année N-2 (donc faibles). Le vrai test arrive en année 3, quand les charges rattrapent le revenu effectif.
Combien gagne un médecin remplaçant ?
Un MG remplaçant facture 60 à 80 % de la rétrocession du titulaire, soit 200 à 350 € net par jour de remplacement (selon zone et durée). Pas de charges fixes, mais cotisations CARMF et URSSAF sur les rétrocessions perçues. Activité parfaite pour les premières années post-internat.