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Carrière & installation

Devenir médecin remplaçant : statut, démarches, rétrocession

5 juin 2026·7 min de lecture

Le remplacement est souvent la première forme d'exercice libéral d'un médecin. Il permet de découvrir plusieurs cabinets, de tester différents modes d'exercice et de se constituer un revenu sans assumer les charges fixes d'une installation. Que vous soyez thésé ou encore étudiant, voici les démarches, le statut et les règles de rétrocession à connaître avant de signer votre premier contrat.

Chiffres clés
  • Licence de remplacement pour les internes non thésés, inscription à l'Ordre pour les médecins thésés.
  • Contrat écrit obligatoire transmis à l'Ordre, avec rétrocession généralement de 60 à 80 %.
  • Activité imposée en BNC, cotisations URSSAF et CARMF avec régularisation décalée.
  • Idéal pour tester l'exercice et préparer une installation ou une reprise de patientèle.

Licence de remplacement ou thèse : qui peut remplacer ?

Deux situations existent. L'étudiant en médecine non thésé peut remplacer s'il a validé un certain nombre de semestres d'internat (généralement trois pour la médecine générale) et obtenu une licence de remplacement délivrée par le conseil départemental de l'Ordre, après avis du conseil de l'UFR. Cette licence est valable un an et renouvelable, dans la limite de la durée de l'internat.

Le médecin thésé et inscrit au tableau de l'Ordre n'a pas besoin de licence : son inscription l'autorise à remplacer librement. Dans les deux cas, il faut disposer d'un numéro RPPS, être couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle et signer un contrat de remplacement avec le médecin remplacé.

Le remplaçant exerce sous la responsabilité et avec les feuilles de soins du médecin titulaire. Pendant toute la durée du remplacement, le titulaire doit cesser son activité : on ne peut pas exercer à deux sur la même patientèle simultanément.

Le contrat de remplacement et la rétrocession

Tout remplacement doit faire l'objet d'un contrat écrit, transmis au conseil départemental de l'Ordre. Il précise la durée, le lieu, et surtout le taux de rétrocession : c'est le pourcentage des honoraires encaissés que le titulaire reverse au remplaçant. En médecine générale, ce taux se situe le plus souvent entre 60 et 80 %, parfois davantage en zone sous-dotée ou pour des remplacements difficiles à pourvoir.

Concrètement, le remplaçant encaisse les actes au nom du titulaire, qui lui reverse ensuite la part convenue. La différence couvre le loyer, le secrétariat et les charges du cabinet. Lisez attentivement les clauses de non-concurrence : une clause de non-réinstallation peut vous interdire de vous installer à proximité pendant une durée définie après la fin des remplacements.

Pensez à formaliser chaque mission, même courte. Un remplacement non déclaré expose à des difficultés en cas de litige ou de contrôle, et fragilise votre couverture en responsabilité civile.

Statut fiscal et cotisations sociales

Les rétrocessions perçues sont des recettes non commerciales, imposées dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). Vous déclarez votre activité au guichet unique et obtenez un numéro SIRET. Sous le seuil de recettes du régime micro-BNC (environ 77 700 euros), vous pouvez opter pour le régime micro avec abattement forfaitaire ; au-delà, c'est la déclaration contrôlée.

Le médecin remplaçant cotise à l'URSSAF et à la CARMF, la caisse de retraite des médecins. Les premières années, les cotisations sont calculées sur une base forfaitaire puis régularisées sur le revenu réel. Prévoyez une trésorerie pour absorber le décalage : les régularisations peuvent surprendre lors de la deuxième et troisième année.

Un dispositif simplifié, le statut de remplaçant relevant du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, peut s'appliquer selon votre volume d'activité. Un expert-comptable spécialisé santé reste un investissement utile dès la première année.

Pourquoi remplacer avant de s'installer

Le remplacement offre une grande souplesse : vous choisissez vos périodes, vos lieux et votre volume d'activité. C'est l'occasion de comparer cabinets de groupe, exercice rural, maisons de santé ou centres, sans engagement de long terme ni investissement initial. Beaucoup de praticiens remplacent plusieurs années avant de décider où et comment s'installer.

Cette période permet aussi de se constituer un réseau et, parfois, de préparer une succession : un titulaire proche de la retraite peut proposer à son remplaçant régulier de reprendre la patientèle. Côté revenus, l'absence de charges fixes lourdes rend le remplacement souvent confortable, à condition d'anticiper la fiscalité et la retraite.

Le principal point de vigilance reste la protection sociale : pensez à souscrire une prévoyance couvrant les arrêts de travail, car un remplaçant sans activité ne perçoit aucun honoraire.

Questions fréquentes

Faut-il être thésé pour faire des remplacements ?

Non. Un interne ayant validé le nombre de semestres requis peut obtenir une licence de remplacement auprès de l'Ordre. Le médecin thésé, lui, remplace librement grâce à son inscription au tableau.

Quel taux de rétrocession espérer ?

En médecine générale, la rétrocession se situe généralement entre 60 et 80 % des honoraires encaissés. Le taux dépend de la charge de travail, du lieu et de l'attractivité du remplacement.

Le remplaçant paie-t-il des cotisations retraite ?

Oui, il cotise à la CARMF et à l'URSSAF dès le début de l'activité. Les premières cotisations sont forfaitaires puis régularisées sur le revenu réel, d'où l'intérêt de provisionner.

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