Salaire d'un psychomotricien en 2026
Le psychomotricien intervient sur le lien entre le corps, le mouvement et le psychisme, auprès d'enfants comme d'adultes. Profession à dominante salariée, elle s'exerce majoritairement dans le secteur médico-social : CAMSP, instituts médico-éducatifs (IME), hôpitaux, établissements pour personnes âgées. L'exercice libéral existe mais se heurte à l'absence de remboursement des séances par l'Assurance maladie. Voici un tour d'horizon chiffré et nuancé des revenus d'un psychomotricien en 2026.
- Profession à dominante salariée : médico-social (CCN 1966), sanitaire (CCN 1951) et hôpital.
- Salaire d'embauche : environ 1 900 à 2 300 euros net, jusqu'à 2 800-3 100 euros net en fin de carrière.
- En libéral, séances de 40 à 70 euros non remboursées par l'Assurance maladie (hors forfait précoce).
- Le double exercice salarié plus libéral est fréquent et sécurise le revenu.
Le salariat médico-social, voie majoritaire
La plupart des psychomotriciens sont salariés, principalement dans le secteur médico-social et associatif. Les conventions collectives de référence sont la CCN 1966, très répandue dans les établissements pour enfants et adultes en situation de handicap (IME, CAMSP, SESSAD), et la CCN 1951 (FEHAP) dans le secteur sanitaire privé non lucratif.
Le salaire d'embauche d'un psychomotricien salarié se situe généralement entre 1 900 et 2 300 euros net par mois, selon la convention, la reprise d'ancienneté et les primes. La progression se fait à l'ancienneté, plus lentement qu'en libéral, et la rémunération de fin de carrière atteint souvent 2 800 à 3 100 euros net.
À l'hôpital public, le psychomotricien relève de la fonction publique hospitalière, avec une grille indiciaire et le complément de traitement indiciaire du Ségur (183 euros net mensuels). Le salaire de début y est comparable à celui du secteur associatif, autour de 1 900 à 2 100 euros net.
L'exercice libéral hors nomenclature
Le psychomotricien peut s'installer en libéral, mais ses séances ne sont pas inscrites dans une nomenclature remboursable par l'Assurance maladie. Les honoraires sont donc libres et restent à la charge des familles, parfois pris en charge partiellement par certaines mutuelles, par la MDPH ou via des dispositifs spécifiques comme les forfaits d'intervention précoce pour les troubles du neurodéveloppement.
Une séance se facture le plus souvent entre 40 et 70 euros. Le revenu dépend directement du volume de patientèle, plus difficile à constituer que pour les professions conventionnées, puisque le reste à charge peut freiner certaines familles. La prospection et le travail en réseau avec médecins et écoles sont essentiels.
Un psychomotricien libéral à l'activité bien établie peut dégager un revenu net comparable, voire supérieur, à celui du salariat, mais avec une variabilité plus forte. Le régime du micro-BNC, plafonné à 77 700 euros de recettes avec un abattement de 34 %, est adapté aux débuts d'activité.
Les facteurs qui influencent la rémunération
Le secteur et la convention applicable constituent le premier facteur en salariat : CCN 1966, CCN 1951 ou fonction publique hospitalière, avec des grilles, des primes et des reprises d'ancienneté distinctes. Les fonctions de coordination ou de référent ouvrent des compléments de rémunération.
En libéral, le volume d'activité, la localisation et la capacité à orienter une partie de la patientèle vers des dispositifs de prise en charge (forfait précoce, aides MDPH) déterminent le revenu. Une spécialisation reconnue, par exemple sur l'autisme ou les troubles des apprentissages, peut soutenir une patientèle régulière.
Beaucoup de psychomotriciens combinent une activité salariée à temps partiel et une activité libérale, ce qui sécurise un revenu de base tout en permettant de développer une patientèle propre. Ce double exercice est fréquent et apprécié pour son équilibre.
Protection sociale et perspectives
Le psychomotricien salarié bénéficie de la couverture du régime général via son employeur. En libéral, il cotise à la CARPIMKO et doit souscrire une prévoyance individuelle pour compenser la faiblesse des indemnités journalières lors des premiers jours d'arrêt de travail.
Les besoins en psychomotriciens progressent, portés par le repérage précoce des troubles du neurodéveloppement chez l'enfant, l'accompagnement du vieillissement et la reconnaissance croissante de la profession. Cette demande soutient l'emploi salarié dans le médico-social.
L'enjeu majeur pour l'avenir de la rémunération reste l'éventuelle inscription des actes dans un cadre remboursable. Les dispositifs de forfait précoce constituent un premier pas, mais l'absence de nomenclature de droit commun continue de brider l'attractivité financière de l'exercice libéral.
Questions fréquentes
Les séances de psychomotricité sont-elles remboursées ?
Non, pas par l'Assurance maladie dans le cadre du droit commun : les actes ne figurent pas dans une nomenclature remboursable. Certaines mutuelles, la MDPH ou les forfaits d'intervention précoce pour les troubles du neurodéveloppement peuvent toutefois couvrir une partie du coût en libéral.
Quelle convention collective s'applique à un psychomotricien ?
Dans le médico-social associatif, c'est principalement la CCN 1966 (IME, CAMSP, SESSAD). Le secteur sanitaire privé non lucratif relève plutôt de la CCN 1951 (FEHAP). À l'hôpital public, le psychomotricien suit la grille de la fonction publique hospitalière, complément Ségur inclus.
Peut-on vivre uniquement de la psychomotricité en libéral ?
C'est possible avec une patientèle établie, mais plus difficile que pour les professions conventionnées, car le reste à charge des familles peut freiner la demande. Beaucoup de praticiens combinent salariat partiel et libéral pour sécuriser un revenu de base tout en développant leur cabinet.