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Salaires & rémunération

Salaire d'un ergothérapeute en 2026

5 juin 2026·7 min de lecture

L'ergothérapeute accompagne les personnes en perte d'autonomie pour leur permettre de retrouver ou de maintenir leur indépendance dans les gestes du quotidien. Contrairement à d'autres rééducateurs, cette profession reste très majoritairement salariée : hôpital, soins de suite et de réadaptation (SSR), établissements médico-sociaux. L'exercice libéral existe mais demeure freiné par une prise en charge limitée par l'Assurance maladie. Tour d'horizon chiffré des rémunérations d'un ergothérapeute en 2026, selon le secteur et la convention applicable.

Chiffres clés
  • L'ergothérapie reste très majoritairement salariée : hôpital, SSR, médico-social.
  • Salaire d'embauche : environ 1 900 à 2 400 euros net, jusqu'à 2 800-3 100 euros net en fin de carrière.
  • En libéral, les séances (40 à 70 euros) sont peu ou pas remboursées par l'Assurance maladie.
  • Conventions de référence dans le privé non lucratif : CCN 1951 (FEHAP) et CCN 1966.

Le salariat, voie largement dominante

La grande majorité des ergothérapeutes exercent comme salariés. Le secteur public hospitalier applique la grille de la fonction publique hospitalière : un ergothérapeute débutant perçoit environ 1 900 à 2 100 euros net par mois, complément de traitement indiciaire inclus (le complément Ségur de 183 euros net). L'évolution se fait par échelons, et la rémunération de fin de carrière peut approcher 2 900 à 3 100 euros net.

Dans le secteur privé non lucratif et associatif, deux conventions collectives structurent les salaires : la CCN 1951 (FEHAP) et la CCN 1966. Le salaire d'embauche y oscille généralement entre 1 950 et 2 300 euros net, avec des primes et reprises d'ancienneté variables selon l'établissement. Les centres de rééducation, les SSR et les établissements pour personnes âgées ou handicapées constituent les principaux employeurs.

Globalement, un ergothérapeute salarié gagne entre 1 900 et 2 400 euros net en début de carrière, et progresse lentement vers 2 800 à 3 100 euros net après quinze à vingt ans d'exercice. Les écarts entre conventions restent modérés.

L'exercice libéral, une voie émergente mais contrainte

L'ergothérapie en libéral se développe, notamment pour l'accompagnement à domicile, l'aménagement du logement, la rééducation de l'enfant ou l'évaluation des aides techniques. Le principal frein reste l'absence de remboursement de droit commun par l'Assurance maladie : les séances ne figurent pas dans une nomenclature comme la NGAP des kinés ou orthophonistes.

Les honoraires sont donc libres et restent le plus souvent à la charge du patient, parfois pris en charge partiellement par la PCH (prestation de compensation du handicap), certaines mutuelles ou des dispositifs spécifiques. Une séance se facture fréquemment entre 40 et 70 euros. Le revenu dépend directement du volume de patientèle, plus difficile à constituer faute de remboursement.

Un ergothérapeute libéral bien installé peut dégager un revenu net comparable, voire supérieur, à celui du salariat, mais l'activité reste minoritaire et exige un travail de prospection et de mise en réseau important. Le régime du micro-BNC, plafonné à 77 700 euros de recettes avec un abattement de 34 %, convient bien aux débuts.

Ce qui fait varier la rémunération

Le secteur d'exercice est le premier facteur : public hospitalier, privé non lucratif (CCN 51 ou 66), secteur médico-social ou libéral. Les primes (sujétions, internat, dimanches et jours fériés dans certains établissements) peuvent ajouter plusieurs centaines d'euros au salaire de base selon le poste.

L'ancienneté et la reprise d'expérience antérieure jouent un rôle structurant dans les grilles conventionnelles. Un changement d'établissement peut entraîner une renégociation de la reprise d'ancienneté, parfois favorable, parfois défavorable selon les règles de la convention d'accueil.

Enfin, les fonctions d'encadrement, de coordination d'équipe ou de référent technique ouvrent des compléments de rémunération. Certains ergothérapeutes diversifient leurs revenus par des vacations, de la formation ou du conseil en aménagement auprès de bailleurs ou de collectivités.

Protection sociale et perspectives d'évolution

Le salarié relève du régime général de la Sécurité sociale, avec une couverture maladie, retraite et prévoyance assurée par l'employeur et les cotisations classiques. Le libéral, lui, cotise à la CARPIMKO et doit impérativement souscrire une prévoyance individuelle pour se protéger en cas d'arrêt de travail.

Les besoins en ergothérapeutes augmentent avec le vieillissement de la population, le développement du maintien à domicile et la reconnaissance croissante de la profession dans les parcours de soins. Cette dynamique soutient l'emploi salarié et ouvre progressivement la voie à davantage d'exercice libéral.

Une revendication récurrente de la profession porte sur l'inscription des actes d'ergothérapie dans une nomenclature remboursable. Une telle évolution, si elle aboutissait, transformerait sensiblement le modèle économique du libéral et son attractivité financière.

Questions fréquentes

Pourquoi l'ergothérapie est-elle si peu pratiquée en libéral ?

Parce que les actes d'ergothérapie ne sont pas inscrits dans une nomenclature remboursable par l'Assurance maladie. Les séances restent à la charge du patient, parfois aidées par la PCH ou des mutuelles. Ce frein financier explique la prédominance du salariat dans cette profession.

Quelle convention collective s'applique à un ergothérapeute du privé ?

Dans le secteur privé non lucratif, ce sont principalement la CCN 1951 (FEHAP) et la CCN 1966. Elles fixent le salaire de base, la reprise d'ancienneté et les primes. Le salaire d'embauche s'y situe généralement entre 1 950 et 2 300 euros net par mois.

Un ergothérapeute peut-il bien gagner sa vie en libéral ?

Oui, un praticien bien installé peut atteindre, voire dépasser, le niveau du salariat. Mais l'absence de remboursement rend la constitution d'une patientèle plus difficile et impose un effort de prospection. L'activité libérale demeure minoritaire dans la profession.